" ‘Tenir la pression’ "
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Vendredi, mai 30th, 2008
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Dimanche, février 10th, 2008Tenir la pression
Vendredi, février 1st, 2008Grandir en pleine jungle, ça laisse des traces,
Là où les papillons ne volent plus, ou les hyènes sont à l’affût
L’atmosphère est lourde comme du plomb,
Ici les mômes de dix ans ont la cervelle qui déborde de plomb.
La verdure s’est faite bouffée par les graff’ sur les murs,
Les chants d’oiseaux balayés par les basses grasses
Des baffles qui font vibrer, vibrer les blocs
Swinguer les shoxs, grogner les rotts
Au balcon les moins underground débloquent !
La nuit tombée les cylindrées se mettent à ronfler
Exaltés, les gosses se mettent à révasser,
Car tourner crapuleusement dans « un jante »
Avec du bon son, hum, ça fait frissonner.
Et plus loin les anciens s’inventent des vies,
Les mamas du coin de l’œil surveillent leurs grandes filles
Réfléchissent, misent gros pour caser leurs fils
N’ont pas peur de sortir les crocs à celles qui bavent trop.
Les courants d’air sont épicés, parfois vahinés,
Les allées marquées par la diversité certes,
Mais ici tous répondent de la même classe,
Tous triment, avancent avec peine, et ça, ça m’embarrasse !
Refrain :
On avance avec nos poings pour tenir la pression,
Aujourd’hui comme demain, il faut tenir la pression
On vit tous dans le pétrin parce qu’on nous met la pression
La tête dans un sac, prisonnier dans un cul de sac !
L’histoire, ici personne ne va la marquer,
Des goutes d’eau dans l’océan, ici personne ne se fait remarquer
Quand on parle de nous, c’est d’animaux en meute,
C’est pour parler de deale, de braquages ou d’émeutes,
Des prénoms gravés à la pointe d’un couteau
Sur des murs marqués par l’histoire avant travaux
D’intérêts généraux, des parent qui payent des factures
Des chantier qui effacent des souvenir mais pas la fracture
Ici tout est statique pas de travail rien qu’ ça rouille
Rien qu’ ça taille, rien dans les fouilles
Rien qu’ ça parle de baille, rien qu’ ça squatte, rien qu’ ça part en couille
Rien qu’ ça braille, pagaille, canaille, pour rien ça s’embrouille
Tu nais dans le quartier, t’es élevé dans le quartier
Premier amour dans le quartier, tu te maries dans le quartier
Fais des gosses dans le quartier, au chômage dans le quartier
Tu vieillis dans le quartier et puis tu crèves dans le quartier
Qui es-tu ? Un prénom sur un mur parmi tant d’autre !
Que fais-tu ? Pas grand chose parmi tant d’autre !
Ou vas-tu ? Ici accroches avec les autres !
Que laisses-tu ? Rien comme tous les autres !
On avance avec nos poings pour tenir la pression
Aujourd’hui comme demain, faut tenir la pression
On vit tous dans le pétrin parce qu’on nous met la pression
La tête dans un sac prisonnier dans un cul de sac !
Refrain
Texte écrit par Radio et Papillon (2005)