" ‘Fruits étranges’ "

Fruits étranges

Vendredi, février 1st, 2008

Couplet 1
Allongé sur une plage de sable blanc, coquillage, tranquille
Les pieds dans l’écume, un splendide paysage
Au loin le soleil embrasse l’eau, embrase l’horizon, naufrage, cependant
Une brise douce me caresse le visage et j’éprouve un étrange sentiment

Elle m’apporte un champ amer comme sortit de l’abime
Sur la rive, des vagues, arrivent, de vagues murmures, tristes rimes
Des lamentations qu’on etouffe, qu’on compriment qui traversent les siècles
Dans toutes les langues, qui planent au dessus de ma tête comme un spectre.

Le désarroi dans les mœurs, l’amertume profonde comme la douleur
De vies mal vécues, des grands cœurs, des petits frères des petites sœurs
J’entend le chant du désespoir, le glas de la mort, oraison funèbre
Funérailles, comme sortit des entrailles des ténèbres

Tout à coup mon ciel bleu s’est obscurcit, impuissant
J’aurai voulu, mais, j’aurai couru, mais
Mais d’où viennent ces chœurs, ces peurs, ces pleurs, ces clameurs et on m’a dit : « ce pays, c’est notre monde où poussent d’étranges fruits ».

Couplet 2
Sur ces terres, on cultive les enfants pour la grande production,
On sème les graines de la confusion pour les rendre incultes
Irriguer par le mensonge, on répand le poison pour nourrir le désordre
Avec un air qu’on chante à l’aide de l’instrument à une corde

Bien dressé et asservis chaque épis donne tout son or sans se faire battre
Et quand il n’a plus rien à donner la faucheuse vient s’abattre
Chaque dépouille devenue paille annonce la fin de la moisson
L’affaire est bien rentable et fait tourner sans problème l’exploitation

La semeuse sème à tout vent, à tout temps, en tout lieu et à toute saison
Et bientôt les petits corps, les petits morts seront vite remplacés
Par d’autres petits bras, par d’autres petites mains, par d’autres visages,
D’un autre pays, d’une autre colonie, d’une autre terre à bruler

De beaux rivages, des belles photos quand on part en vacances
J’aurai tendu la main, mais j’aurai donné de l’argent, mais
Impuissant, indigne, mon cœur plein de rancœur et on m’a dit
« Notre monde se nourrit de ses étranges fruits».

Couplet 3
Le capital a toujours faim,
Le capital n’est jamais rassasié,
Le monstre, une logique bestial
Et pour ses maitres sa survie est capital
Brulés au soleil ou battus sous la pluie
Tant qu’ils rapportent du profit
Elever dans les armes ou bercés par la mort
Tant qu’ils rapportent du profit
Les entrailles broyées par la faim
Tant qu’ils rapportent du profit
Vendre son corps, vendre sa vie
Tant qu’ils rapportent du profit

Et tout c’est éclairci quand soudain, j’ai compris
Tous les rouages de cette machine, ce systeme qui tourne trop bien
Qui dresse, conditionne, et moissonne nos enfants
Et les consomme en guise de carburant
Texte écrit par Radio (2006)


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