Bête humaine
Vendredi, février 1st, 2008Couplet 1 :
J’ai rencontré ta mère un sale matin de printemps,
Une fleur fanée avant d’être épanouit
Moi, un type paumé, je passais mon temps à boire mon temps
Au bar PMU, où je buvais mon RMI et puis on s’est mis ensemble, par nécessite, par accoutumance,
Pas de dépendance, chacun voulait son indépendance
Elle m’a prit avec mon alcoolisme et tous mes vices
Et moi avec son fatalisme
Jusqu’au jour où elle m’annonce l’accident de parcours,
Je t’avoue, tu es arrivée comme une voiture crevée sans pneu de secours,
Si j’avais pu faire demi-tour, je l’aurais fait sans retour,
Dur d’assumer un gosse qui n’est pas le fruit de l’amour.
Impulsion, la clac ! Je me suis sentis dans un cul de sac !
La tête en vrac ! J’ai fracassé ta mère à coup de savate !
J’ai frappé, et tapé, et cogné à m’en faire mal aux mains,
Et stoppé sec …. (sirène)
Cellule de dégrisement, gueule de bois, sueur froide, moite,
Douleur au foie, j’ai les poignets en feu à cause des menottes
Tout est calme, les bruits des clés dans la serrure,
On ouvre la porte et les flics m’escortent.
Dehors, la foule, on m’insulte “tuez-le, pendez-le !”
On me traite comme si j’étais la dernière des brutes
Et je crie : « je suis innocent ! C’était un accident ! »
En apercevant au loin un jardin d’enfant.
Refrain :
Bete humaine, drame sur le macadam
Fait divers reproduit sur phonogramme
Couplet 2 :
Tomber dans l’insomnie, comme une feuille balayée par le vent,
Les nuits paisibles sont rares, la tête sous l’oreiller crispé !
Des épisodes à faire trembler, à faire souffrir,
Rien que d’en parler mon coeur d’enfant s’emballe, j’en perd le sourire !
J’ose à peine imaginer qu’un père puisse me négliger,
Au boucan, quand son corps embrasse le pallié,
La chansonnette faussement poussée, d’un air alcoolisé,
Entendre la porte convulser en pleine nuit, ça fait flipper !
Et voir sa mère se lever, pas rassurée, sûre de ramasser
Avant d’y aller, toujours attentive que son fils soit bien couche.
Un baiser stresse comme un soldat en première ligne,
Les mains moite posée sur le verrou et, tiens ! Encaisse les coups !
A ces choses là, on s’y fait pas non ! Le plus souvent on se tait
On perd des grains, on devient vite hargneux, on envie ceux pour qui
Tout roule bien, marche bien,
Moments de joies passes en famille, hum ! Rire ca fait du bien !
Et puis me sentir pas bien, devant un regard hagard qui me fout la frousse
Effrayé comme perdu en pleine brousse,
Et quand je m’endors le soir, la gorge serrée, un point dans le cour, la peur au ventre,
J’ai l’impression d’étouffer !
Refrain
Texte ecrit par Radio et Papillon (2005)